StatCan veut les données financières des Canadiens et minimise leurs préoccupations en matière de confidentialité

Statistique Canada défend sa tentative d'obtenir des coordonnées bancaires sensibles de plus de 500 000 Canadiens sans leur consentement.

L'agence affirme vouloir essayer d'obliger les banques canadiennes à remettre les dossiers financiers de certains clients dans le cadre d'un nouveau programme de suivi des données financières.

Les données recherchées par Statistique Canada comprennent les soldes des comptes, les opérations de débit et de crédit, les paiements hypothécaires et les virements électroniques. L’agence a déjà obtenu des informations financières personnelles auprès du bureau de crédit de TransUnion.

La question a été soulevée au Parlement mardi. Lisa Raitt, leader adjointe des conservateurs, a demandé au premier ministre Justin Trudeau s'il ordonnerait à Statistique Canada de «cesser et de s'abstenir» d'essayer d'obtenir les données.

«Ce premier ministre dit aux Canadiens qu'il est normal que leur gouvernement comprenne toutes leurs informations financières», a déclaré Raitt.

«Chaque chose que nous utilisons dans nos vies est quelque chose que ce gouvernement veut mettre la main sur.

Trudeau a réagi en accusant les conservateurs de se livrer «à une guerre contre la science et les faits».

«Les conservateurs s'attaquent aux données, à la science et aux preuves comme le fondement d'une politique publique forte», a-t-il déclaré.

La leader parlementaire conservatrice, Candice Bergen, a présenté une pile de documents détaillant des milliers d'atteintes à la vie privée au sein du gouvernement fédéral, affirmant qu'ils prouvaient que le gouvernement ne pouvait garantir que les données ne seraient utilisées que pour l'objectif recherché.

«Ils n'ont clairement pas la capacité de protéger les informations», a-t-elle déclaré.

Les cinq grandes banques du Canada disent à leurs clients qu'elles n'ont pas accepté de divulguer les informations demandées par Statistique Canada.

Un expert en matière de protection de la vie privée basé à Toronto a déclaré à CTV News qu'il aimerait que Statistique Canada soit plus transparent sur la raison pour laquelle il a besoin des données.

«Est-ce quelque chose avec lequel je suis à l'aise? Non sans un processus beaucoup plus ouvert et transparent pour me prouver que cela est réellement approprié », a déclaré John Wunderlich.

Anil Arora, le statisticien en chef du pays, a publié mercredi une déclaration dans laquelle il déclarait que l'agence devait "exploiter les meilleures méthodes et sources pour fournir des faits aux Canadiens" sur les données économiques et sociales du Canada.

«Statistique Canada travaille depuis longtemps avec des informations personnelles sensibles pour soutenir l'élaboration de politiques et la recherche, et nous avons mis en place des processus rigoureux pour protéger la vie privée des Canadiens», a-t-il déclaré.

Arora a notamment déclaré que l'agence "devait avoir accès" aux données relatives aux achats en ligne pour brosser un tableau précis de sujets tels que le logement, la dette et la transition vers l'économie du spectacle.

Le gouvernement affirme que les informations que Statistique Canada espère obtenir resteront anonymes et que les informations personnelles ne seront pas rendues publiques.

M. Arora a déclaré que Statistique Canada travaillait avec le Commissariat à la protection de la vie privée et avait utilisé les recommandations de ce bureau.

«Je comprends les préoccupations des Canadiens et je tiens à les assurer que leurs informations personnelles sont soigneusement protégées et ne sont jamais divulguées publiquement», a-t-il déclaré.

Avec un reportage de Kevin Gallagher, correspondant parlementaire de CTV News

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