Canadien: Drouin n’est plus dans les bonnes grâces de Julien

Jonathan Drouin n’a pas les chiffres dernièrement pour cogner à la porte de Claude Julien. Il sait très bien qu’il traverse une période sombre sur le plan offensif avec seulement six points (1 but, 5 passes) à ses 20 derniers matchs. 

• À lire aussi: La semaine de l’année pour le Canadien

La sécheresse s’explique aussi par une autre statistique. Drouin n’a pas écrit son nom sur la feuille de pointage dans 18 de ses 20 dernières rencontres. C’est immense. 

Drouin a perdu la confiance de Julien au cours des dernières semaines. L’entraîneur en chef du CH l’a critiqué à quelques reprises, faisant sa plus virulente sortie après un revers de 3 à 0 contre le Lightning à Tampa, le 16 février. 

 Blâmé par Julien 

Julien avait oublié son livre de politesses en montrant du doigt le numéro 92 pour un revirement commis en zone neutre ayant mené à un but de Yanni Gourde. 

« Pour le deuxième but contre nous, c’est Jonathan, avait dit Julien. Quand il ne patine pas, il force des jeux comme ça. Il avait fait la même chose à Nashville. Ce sont des choses qu’il doit corriger. Ça nous a coûté un deuxième but. » 

Plus récemment, Drouin a perdu une autre rondelle, cette fois en zone ennemie. Il a conservé la rondelle une fraction de seconde de trop au lieu de simplement la pousser en fond de territoire. 

À la relance, les Sabres de Buffalo ont marqué un troisième but. Marco Scandella avait créé l’égalité 3 à 3. 

On vient de ressortir des points négatifs du jeu de Drouin. Mais les erreurs feront toujours partie du hockey. 

Le numéro 92 a un talent fou et il finira par réussir plus de bons que de mauvais coups. Julien doit aussi se souvenir de ce principe. 

 Un duo à plat 

Depuis le début de la saison, Drouin a connu ses meilleurs moments aux côtés de Max Domi. Il a aussi joué de bons matchs avec Phillip Danault. Mais il n’y a jamais eu de magie entre lui et Jesperi Kotkaniemi. 

Le 12 mars, Julien a choisi de miser sur le duo Kotkaniemi-Drouin. À l’exception d’une rencontre où Jordan Weal se retrouvait sur le flanc droit, Joel Armia a complété ce trio. 

Il y a eu sept rencontres depuis la visite des Red Wings de Detroit au Centre Bell le 12 mars. Drouin a obtenu seulement deux points (1 but, 1 passe), alors que Kotkaniemi n’a récolté qu’une seule passe. 

Julien a une plus grande patience avec ses trios que son prédécesseur, Michel Therrien. Il sort moins souvent son malaxeur. C’est une réalité. 

Mais pour les derniers matchs de la saison, l’homme de 58 ans devra songer à remodeler ses combinaisons. 

Même si Artturi Lehkonen offre du jeu plus constant sur le plan défensif, il n’a pas les habiletés offensives de Drouin. Une inversion entre Lehkonen et Drouin représenterait une bonne alternative. Drouin renouerait ainsi avec Domi et Shaw, alors que Lehkonen patinerait avec ses compatriotes finlandais. 

Avec un salaire de 5,5 millions, Drouin est l’attaquant le mieux rémunéré chez le CH. Le 15 juin 2017, Marc Bergevin lui a consenti un contrat (6 ans et 33 millions) pour qu’il soit l’un des fers de lance de son équipe. 

Parmi les moins utilisés 

Au début de février, Drouin se dirigeait vers une saison de près de 70 points avec 46 points en 56 rencontres. C’était avant que la chaîne de bicycle ne débarque. Il a maintenant 52 points (18 buts, 34 passes) en 75 matchs. 

Lors de la visite du Tricolore à Raleigh, Drouin a terminé la rencontre avec un temps de jeu de 9 min 57 s. Si on fait exception du 3 février 2018, alors qu’il s’était blessé en recevant un tir de Karl Alzner dans les côtes contre les Ducks d’Anaheim, c’était la première fois que Drouin ne dépassait pas la barre des 10 minutes d’utilisation dans un match avec le Tricolore. 

Drouin est d’ailleurs le deuxième attaquant le moins utilisé lors des sept dernières rencontres, soit depuis son association avec Kotkaniemi. Qui est le 12 et dernier attaquant ? Kotkaniemi est la bonne réponse. Mais à 18 ans, le Finlandais peut prendre son mal en patience. 

Dans le cas de Drouin, la patience ne représente pas sa plus grande force. Il l’avait démontré à sa deuxième saison avec le Lightning de Tampa Bay en refusant un renvoi dans la Ligue américaine à Syracuse. 

Le CH joue un jeu dangereux avec lui dernièrement. Il n’est toutefois pas trop tard pour rétablir les ponts. 

À Julien de mettre de l’eau dans son vin et à Drouin de rebondir. 

Contenu similaire