C’est pas fini tant que c’est pas fini

C’était le match de l’année. Et pendant 10 minutes, le Canadien a fait illusion. Puis, inexorablement, les gros et rapides joueurs des Blue Jackets de Columbus ont fini par prendre le dessus. Un échec avant discipliné et exigeant, de la fougue et surtout, des mises en échec et des plaquages à répétition qui ont fatigué vos petits Glorieux.

C’est là qu’on voit aussi que le jeune Jesperi Kotkaniemi n’a que 18 ans. Il se fait intimider et parfois c’est flagrant.

Et la preuve que la profondeur du Canadien est vraiment limite, Nicolas Deslauriers qui n’avait pas joué depuis plus d’un mois, a passé 14 minutes sur la glace, deux de plus que Jonathan Drouin. Il remplaçait Paul Byron qui aurait été bien utile hier soir.

Et puis, il faut le dire, quand on regarde la passe de Matt Duchene et le tir sur réception d’Artemi Panarin, on voit bien ce que le talent peut faire dans les situations dramatiques.

C’est simple, le meilleur club a gagné hier soir.

POURCHASSER LA CAROLINE

Mais comme dirait Yogi Berra, ce n’est pas fini, tant que ce n’est pas fini. Et le Canadien est encore dans la course pour une place dans les séries éliminatoires. Mais ce ne sont pas les Blue Jackets qu’il faut poursuivre, c’est bien plus les Hurricanes de la Caroline qui ont perdu hier soir contre Washington.

Le Canadien a un dur calendrier devant lui et n’a que quatre matchs à jouer contre cinq pour Columbus et la Caroline. Mais le calendrier des Hurricanes est très exigeant. Peut-être plus encore que celui du Canadien.

Si, comme je le pense, les Blue Jackets ont pris leur envol et ont enfin réussi à intégrer les acquisitions de la date limite des transactions, le Canadien n’arrivera pas à les rattraper. Mais prenez le temps de consulter la liste des adversaires des Hurricanes et vous allez réaliser qu’ils sont autant dans le trouble que le Canadien.

MAIS IL FAUT GAGNER

C’est le travail de Claude Julien de regrouper ses hommes. L’envolée vers Winnipeg a dû être tranquille. Vos joueurs sont des professionnels et à plusieurs reprises cette saison, ils ont su trouver une énergie et un enthousiasme qui les ont bien servis.

Qu’ils s’occupent de gagner les matchs qu’ils ont devant eux, rien ne dit que la Caroline fera mieux.

Winnipeg et Toronto ne jouent pas toujours du grand hockey. Ils sont prenables. Tampa Bay aura joué la veille quand il affrontera le Canadien. Les joueurs seront peut-être fatigués.

Faites confiance à Yogi Berra…

FÉLIX : LE PLUS BEL AVENIR

Il y a deux ans, on capotait pour Denis Shapovalov. Avec raison. Et le jeune Shapo, encore un flo de 19 ans, connaît un début de carrière formidable.

Il est spectaculaire, est gaucher, a un beau revers à une main et sort souvent des coups miraculeux pour se tirer d’impasse. Je pensais qu’il était peut-être celui qui pourrait rejoindre et dépasser Milos Raonic.

Mais je suis soufflé par Félix Auger-Aliassime. Il est grand, 6 pi et 4 po, il a des jambes solides qui lui permettent un transfert de poids efficace et puissant, et surtout, il a un jeu compact, discipliné et sécuritaire.

Quand il dégaine du droit, le coup est toujours profond et lourd. Après deux heures de jeu, ça épuise l’adversaire.

De plus, à cause de son style bien ramassé à la Pete Sampras, Félix commet moins d’erreurs que Shapovalov. Et son revers est meilleur que celui de Raonic. D’ailleurs, il se déplace mieux à la ligne de fond que Milos et il me semble plus athlétique. Et il n’a que 18 ans.

En fait, de tous les joueurs canadiens que j’ai pu voir jouer, et ça remonte à Robert Bédard et François Godbout, Félix est le plus doué de tous.

Je pense qu’il va dépasser Shapovalov et Raonic d’ici deux ou trois ans.

C’est déjà incroyable de seulement l’écrire. Louis Borfiga, le grand manitou de Tennis Canada, doit pleurer de satisfaction. En 10 ans, il aura réinventé le tennis canadien.

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