Halak ou Rask?

Sacré Jaroslav Halak! Au moment où on croit sa carrière dans une impasse, il rebondit.

L’ancien gardien du Canadien confine actuellement le gardien numéro un des Bruins Tuukka Rask sur le banc.      

Halak a remporté une autre victoire hier, 3-2 aux dépens des surprenants Hurricanes de la Caroline. Il a effectué 42 arrêts. Le Slovaque de 33 ans n’a pas perdu en temps règlementaire en six départs, sa moyenne s’établit désormais à 1,57 et son taux d’arrêts à ,947.

Il s’agissait de son quatrième départ lors des six derniers matchs des Bruins.

Rask, le gardien numéro un des Bruins depuis cinq ans, a entamé autant de matchs que Halak cette saison. Il a remporté trois matchs, contre trois défaites, avec une moyenne de 3,57 et un taux d’arrêts de ,902.

Même si Rask, 31 ans, touche un salaire annuel de sept millions jusqu’en 2021, l’entraîneur Bruce Cassidy a ouvert une grande porte à Halak il y a quelques jours.

«Nous lui avons dit que s’il jouait bien, nous n’allions pas limiter le nombre de ses départs, a lancé le coach des Bruins aux journalistes. Nous allons permettre une compétition interne. Notre calendrier de départs est établi d’avance, mais s’il lui vole son poste, nous allons nous ajuster.»

Les Bruins avaient agi de la même façon avec Rask l’an dernier. Son auxiliaire, Anton Khudobin, avait obtenu quatre départs consécutifs en novembre. Rask connaissait un début de saison difficile, marqué par une commotion cérébrale subie à la mi-octobre.

Rask avait rebondi avec une fiche de 19-0-2, et un taux d’arrêts de ,941 par la suite, sans subir de défaite en temps réglementaire entre la fin novembre et début février.

Les Bruins ont toutefois intérêt à employer Halak plus souvent que Khudobin. Halak a été embauché cet été pour deux ans à un salaire annuel de 2,75 millions. Il a été numéro un presque toute sa carrière. Khudobin, 32 ans, touchait 1,2 millions. Il a toujours agi comme auxiliaire.

Halak est un gardien fragile cependant. Bruce Cassidy le sait sans doute trop bien. Il peut être extraordinaire pendant certaines séquences de la saison, mais des blessures, ou la fatigue, le rattrapent toujours.

Depuis son départ de Montréal, il y a huit ans, Halak a disputé seulement sept matchs de séries éliminatoires. En 2012, avec les Blues, il s’est blessé dès le deuxième match des séries. Brian Elliott l’a remplacé. L’année suivante, il n’était pas disponible, ayant subi une autre blessure à l’aine quelques jours avant le début des séries.

En 2016, avec les Islanders, Thomas Greiss a disputé les 11 matchs pendant que Halak était une fois de plus à l’infirmerie. D’ailleurs Halak a obtenu plus de 40 départs par saison une seule fois depuis 2012. Il en est à sa quatrième équipe en six saisons.

Cassidy connaît ses gardiens. Halak peut lui gagner des matchs pendant que l’autre vit un creux de vague. Rask, lui, demeure un athlète fier qui carbure aux défis de la sorte.

Et pendant que les gardiens s’échangent les départs, le trio de Bergeron, Marchand et Pastrnak ne dérougit pas. Bergeron, qui avait le dos encore tendre au camp d’entrainement, a maintenant 19 points en 12 matchs. Pastrnak a déjà 11 buts, un sommet dans la LNH, sur un pied d’égalité avec Patrick Kane.

Cassidy peut bien se permettre de chatouiller l’orgueil de son véritable gardien numéro un…

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