Il faudra dépenser, monsieur Molson

Faut croire qu’il y a des éliminations qui s’acceptent mieux. Malgré leur exclusion des séries, les joueurs du Canadien ont reçu une ovation debout en tombant en vacances, hier soir. Ça doit être une première.

Certains diront que les partisans se contentent de peu. Peut-être. Mais après la piètre saison que cette équipe nous avait donnée l’an dernier, elle a fait amende honorable cette année.

Une augmentation de 23 points au classement, ce n’est pas rien. Personne n’avait prévu ça.

Le temps n’est pas aux regrets

Maintenant que la saison a pris fin, chacun a son explication.

On dit que le Canadien aurait été des séries si Carey Price n’avait pas connu un début de saison difficile. Si l’attaque massive avait été plus efficace. Si Jonathan Drouin avait été plus productif. Si l’équipe n’avait pas échappé un point ici et là et quoi encore.

Mais le temps n’est pas aux regrets. Il faut regarder de l’avant et espérer que le Canadien continue de s’améliorer l’an prochain.

Une rechute ne passerait pas.

L’argent est disponible

Le ballon est maintenant entre les mains de Geoff Molson. Certains veulent qu’il mette Marc Bergevin et Claude Julien à la porte, mais ça n’arrivera pas.

Par contre, M. Molson devra demander à Bergevin d’être agressif sur le marché des joueurs autonomes en juillet.

Le Canadien s’est toujours targué d’être responsable dans la gestion de ses dépenses. Mais dans un monde où c’est le dieu dollar qui mène, M. Molson devra dépenser beaucoup d’argent. Il en reste dans son budget salarial. Un montant dépassant 8,5 millions est resté inutilisé cette saison.

À ce stade-ci, la masse salariale s’établit autour de 60 millions pour l’an prochain. Une dizaine de joueurs sont admissibles à l’autonomie complète ou avec restrictions.

On peut déjà dire qu’Antti Niemi ne sera pas de retour. Charles Hudon, Mike Reilly et Nate Thompson pourraient ne pas revenir.

Bergevin cherchera probablement à retenir Jordie Benn, Joel Armia, Artturi Lehkonen, Brett Kulak, Jordan Weal et Christian Folin.

Gros marché en perspective

La prochaine cuvée des joueurs autonomes pourrait offrir des éléments qui manquent au Tricolore.

Besoin d’un bon marqueur ?

Artemi Panarin sera vraisemblablement sur le marché.

Besoin d’un joueur de centre ?

Matt Duchene

Photo d’archives, AFP

Matt Duchene

Matt Duchene pourrait fort bien être disponible lui aussi. Lorsqu’il évoluait avec l’Avalanche du Colorado, Duchene portait le numéro neuf en l’honneur de Maurice Richard, qu’il n’a pas vu jouer. Que le Canadien lui envoie une offre de contrat dans une cargaison de chandails du Rocket.

Vous voulez d’autres noms d’attaquants ?

Jeff Skinner, Mark Stone et Jordan Eberle sont dans la fleur de l’âge, tout comme Duchene.

On ne parle pas de marqueurs de 50 buts, mais l’addition d’un ou deux joueurs capables d’inscrire entre 25 et 30 buts pourrait faire une grande différence.

Besoin d’un attaquant robuste capable d’apporter une bonne contribution à l’offensive ?

Michael Ferland possède ce profil.

Besoin d’un défenseur ?

Erik Karlsson

Photo d’archives, AFP

Erik Karlsson

Que diriez-vous d’Erik Karlsson ?

Il n’est pas gaucher, mais est-ce qu’on s’en tape ?

Jake Gardiner pourrait aussi faire l’affaire.

Besoin d’un deuxième gardien ?

Il en pleut !

Le temps que les jeunes poussent

J’entends au loin des gens qui disent : « Hé ! de Foy, tu rêves en couleur. »

Avec la saison qu’il a connue, le CH n’a pas fait que regagner l’estime des amateurs. Il a piqué la curiosité de plusieurs joueurs dans la Ligue nationale.

Bergevin s’est toujours dit tiède par rapport au marché des joueurs autonomes. Mais, cette année, il devra frapper un grand coup. Il n’a pas le choix.

On a hâte de voir les Nick Suzuki, Alexander Romanov, Josh Brook et Cayden Primeau à Montréal. On est en droit de penser que le meilleur est à venir pour Jesperi Kotkaniemi.

Ryan Poehling a cassé la baraque à son baptême de feu hier soir contre les Leafs, mais gardons les pieds sur terre. Sans rien enlever au jeune homme, on se serait cru à un match sur un étang gelé. Il y’avait beaucoup d’espace pour manoeuvrer.

Les partisans ont eu du plaisir à suivre leur équipe cette saison, mais ils tiennent à ce que ça se poursuive. Si Montréal est la meilleure ville de hockey qui soit, les amateurs méritent ce qu’il y a de mieux.

C’est là que M. Molson doit entrer en jeu.

Son équipe a besoin de renfort. L’addition d’un attaquant et d’un défenseur expérimentés et fiables s’impose.

Car au bout du compte, c’est quand même la troisième fois en quatre ans que Montréal est privée de hockey des séries.

Ça fait !

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