Le sauteur québécois Olivier Rochon accroche officiellement ses skis

Après des années de haute voltige, Olivier Rochon a choisi un atterrissage en douceur pour conclure sa carrière de sauteur acrobatique.

Rochon, qui fêtera son 30e anniversaire en juillet, était en sabbatique depuis la conclusion de la saison 2017-2018. Après les Jeux de Pyeongchang, il avait laissé entendre qu’il songeait à effectuer un retour à la compétition pour la saison 2019-2020, en prévision des Jeux olympiques de Pékin en 2022. Il s’est cependant ravisé, ce qui signifie que l’équipe canadienne de ski acrobatique vient de perdre un de ses ténors.

« J’avais hâte de l’annoncer, parce que c’est une décision que j’ai prise il y a déjà un petit bout, a déclaré Rochon en entretien téléphonique avec La Presse canadienne. J’attendais la fin de la saison, et comme mon contrat avec Ski acro Canada se termine en avril, c’était le bon moment. Depuis mon année sabbatique, j’ai pris le temps de me reposer, de penser à tout ça pour prendre la bonne décision, et là j’ai hâte de commencer un nouveau chapitre. »

Il a confié mercredi avoir pris sa décision finale en janvier, après avoir assisté à la Coupe du monde de ski acrobatique de Lake Placid. Le principal intéressé a ajouté qu’il avait été influencé par la décision du skieur le plus prolifique de l’histoire canadienne, Erik Guay, d’officiellement annoncer sa retraite en novembre 2018.

« Après être redescendu de mon nuage olympique, je me suis rendu compte que j’étais fatigué mentalement et physiquement, a-t-il expliqué. Puis, avec le recul pendant mon année sabbatique, j’ai pris le temps d’analyser mes options. Après avoir accepté un poste de superviseur dans un service de garde, je me suis rapidement rendu compte que j’étais très bien dans ce mode de vie là, qui est très différent de celui d’un athlète de haut niveau. »

Rochon a donc écarté pour le moment la possibilité de s’impliquer au sein de Ski acro Canada, d’autant qu’il s’est inscrit dans un programme de deux ans en éducation spécialisée au cégep Héritage de Gatineau. Mais il a refusé de fermer complètement cette porte.

Le Québécois a conclu sa carrière avec huit podiums sur le circuit de la Coupe du monde, dont une victoire à Calgary le 29 janvier 2012, et un globe de cristal dans sa discipline. Il a également pris part à deux Championnats du monde, terminant 17e en 2015 et sixième en 2017.

De plus, le sauteur de Gatineau a fini en cinquième place à sa seule participation aux Jeux olympiques d’hiver, à Pyeongchang — le moment marquant de sa carrière, selon lui.

« C’est mon deuxième saut en finale aux Jeux olympiques, qui m’a permis d’accéder à la super finale. Ce saut-là, le “full-full-double full”, je l’essayais depuis longtemps et il m’avait toujours donné du fil à retordre en compétition, mais cette journée-là, à ce moment-là, j’ai réussi l’un des meilleurs sauts de ma carrière », a confié Rochon, qui avait raté les Jeux de Sotchi en 2014 après s’être déchiré le ligament croisé antérieur d’un genou et raté de justesse ceux de Vancouver, quatre ans auparavant.

Rochon s’est dit reconnaissant envers le sport qu’il a adopté après avoir été contraint d’abandonner la gymnastique à cause, bien sûr, des blessures. Celui-ci lui a, entre autres, enseigné la discipline et l’éthique de travail, des qualités qui ont fait défaut en début de carrière.

Après avoir été sacré recrue par excellence de la FIS en 2009, il avait d’ailleurs fait les manchettes en raison de ses problèmes de comportement, menant à son exclusion de l’équipe canadienne de ski acrobatique pendant la saison 2010-2011.

Les choses se sont replacées par la suite, et Rochon a même décroché le globe de cristal en saut acrobatique en 2012. C’est à partir de ce moment que sa carrière, qui s’est étalée sur treize ans, a véritablement pris son envol.

« Le sport m’a tellement amené d’apprentissages sur moi-même. La première moitié de carrière a été un peu rock’n’roll, avec des hauts et des bas — mon sérieux n’était peut-être pas là, comme il le fallait —, mais sans cette suspension-là je n’aurais sans doute pas connu une aussi belle carrière. Et toutes ces expériences-là m’ont permis de me préparer pour le nouveau chapitre de ma carrière que je m’apprête à vivre », a-t-il conclu.

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