Un revers au parfum de victoire

 Le parcours de Félix Auger-Aliassime au tournoi de Miami a peut-être pris fin en demi-finale au Masters 1000 de Miami, vendredi, en deux manches de 7-6 contre John Isner, mais un fait demeure : le jeune tennisman de 18 ans a prouvé qu’il faisait déjà partie de l’élite de son sport. 

 La scène finale voulait tout dire. Alors qu’Auger-Aliassime quittait le court, saluant la foule qui lui rendait la pareille d’une bruyante ovation, Isner s’est joint à eux pour applaudir l’effort de la jeune raquette de 18 ans qui venait de lui offrir toute une opposition. 

 « Félix peut atteindre les plus hauts sommets, a mentionné le vainqueur après coup. Je n’ai que de bons mots pour lui. Il a tout ce qu’il faut. Il est humble et ne laissera pas le succès lui monter à la tête. » 

 La jeune raquette québécoise a été en contrôle pendant la majorité de l’affrontement, mais n’a pas été en mesure de clouer le cercueil de son adversaire. 

 Il avait pourtant connu un excellent début de match, réussissant entre autres le premier bris de la partie au huitième jeu, pour prendre les devants 5-3, mais à 5-4, le Québécois s’est toutefois tiré dans le pied en offrant le bris sur un plateau d’argent à Isner après avoir commis trois doubles fautes. « Long John » a ensuite poussé Auger-Aliassime au bris d’égalité et a profité de son arme de prédilection, son service destructeur, pour l’emporter 7-3. 

 Le scénario s’est répété au deuxième set, alors que le Québécois menait 5-2, avant de voir Isner revenir de l’arrière pour l’emporter, de nouveau au bris. 

 Finalement, l’Américain a terminé la rencontre avec 21 as contre six pour Auger-Aliassime. Il en totalise maintenant 98 en cinq matchs depuis le début du Masters 1000 de Miami. 

Félix Auger-Aliassime félicite son rival John Isner après sa victoire vendredi.

Photo AFP

Félix Auger-Aliassime félicite son rival John Isner après sa victoire vendredi.

 « J’ai eu l’impression que la nervosité m’a gagné un peu. Je n’étais pas capable de faire ce que j’avais fait dans les autres matchs, c’est-à-dire de me concentrer sur ce que je devais faire. Ça m’a trop affecté », a mentionné Auger-Aliassime, en lien avec les chances qu’il n’a pas saisies. 

 Future vedette 

 Lundi, le tennisman de 18 ans deviendra la première raquette née au 21e siècle à percer le top 35 mondial. Il devrait se retrouver autour du 33e rang. Vendredi, il est devenu le plus jeune demi-finaliste de l’histoire du tournoi de Miami. 

 Bref, il fait de plus en plus parler de lui, même que, jeudi, Roger Federer avait été plus qu’élogieux à son endroit. 

 « J’aime son attitude. Pour quelqu’un de jeune comme lui, c’est très impressionnant. On a vu ça dans le passé avec un [Lleyton] Hewitt ou un [Rafael] Nadal, des gens qui sont déjà mégaforts mentalement, et je pense qu’on peut déjà le mettre dans cette catégorie », avait-il lancé. 

 Vendredi, toutefois, Auger-Aliassime a semblé à bout de nerfs à certaines reprises, démontrant ouvertement sa frustration. 

 Borfiga encouragé 

 Témoin du match, le vice-président du développement de l’élite chez Tennis Canada, Louis Borfiga, croit que le manque d’expérience de la jeune raquette aura finalement fait la différence. 

 « Ça a été un match frustrant. Il [Félix] a été meilleur que Isner. C’est encourageant pour l’avenir et il ne doit pas avoir beaucoup de regrets. » 

 Pour lui, toutefois, il ne fait aucun doute que l’amour porté à son endroit par la foule floridienne n’est que le début de la popularité de la fierté de L’Ancienne-Lorette. 

 « Félix va devenir une vedette internationale en raison de sa personnalité, de sa gentillesse et de son sourire. En plus, quand il arrive sur le terrain, il séduit beaucoup de gens par sa qualité tennistique. En France, il est déjà adoré comme c’est pas possible. Dans beaucoup de pays, il va être le chouchou », prédit-il.

Contenu similaire