Une flèche au coeur de Marie-Ève Dicaire

LONGUEUIL – Il y avait cette conférence de presse mardi matin, à Longueuil, puis la championne du monde Marie-Ève Dicaire avait rendez-vous avec son préparateur mental Jean-François Ménard.

Cet aspect est très important en vue de la première défense de son titre IBF des poids super-mi-moyens contre la Dominicaine Lina Tejada, ce samedi 23 mars, au Cabaret du Casino de Montréal.

«Quand j’ai su que ce combat de championnat du monde allait être présenté au Casino de Montréal, j’en ai parlé à mon psychologue sportif, a admis Dicaire en entrevue. Il m’a regardée droit dans les yeux et il m’a dit que si je ne domine pas ce prochain combat, je ne mérite pas une unification au Centre Vidéotron sur ESPN. Il m’a lancé une flèche directement au cœur et j’en suis encore marquée. À chaque jour, au gymnase, j’arrive en me répétant cette phrase. Si je ne domine pas ce combat-là, je ne mérite pas la suite des choses.»

De toute vraisemblance, le préparateur mental a pesé sur le bon bouton. Celui-ci a l’habitude de retirer le meilleur des athlètes, lui qui travaille aussi en compagnie du skieur acrobatique Mikaël Kingsbury, entre autres.

Mieux que les États-Unis

Avec son statut de championne du monde, Dicaire (14-0-0, 0 K.-O.) aurait naturellement souhaité, dans ses plus grands rêves, remplir une plus grande salle pour ce combat qui l’opposera à Tejada (12-5-0, 9 K.-O.). Or, cette défense de titre n’intéressait pas à court terme la télévision américaine. Il devenait ainsi logique pour elle de se produire au Casino de Montréal.

«Il y a quelques années, j’aurais peut-être voulu aller aux États-Unis, mais j’y suis allée récemment pour le combat entre Oscar Rivas et Bryant Jennings [à Verona, dans l’État de New York], puis pour celui entre Eleider Alvarez et Sergey Kovalev [à Frisco, au Texas] et je me suis dit : « c’est juste ça ». Notre casino est 1000 fois plus beau. Le choix est tellement évident pour moi. Je préfère boxer ici dans un casino rempli qu’aller me battre aux États-Unis. Je suis chez moi. C’est ici que j’ai envie de boxer.»

Un entraîneur en confiance

Comme Alvarez, le 2 février dernier, Dicaire aura le défi de défendre son titre mondial pour la première fois. Son entraîneur Stéphane Harnois ne craint toutefois pas que sa protégée connaisse une baisse de régime, comme ce fut le cas pour Alvarez, qui a perdu par décision unanime des juges.

«C’est vrai qu’un objectif pour Marie-Ève était de devenir championne du monde, mais c’est seulement une étape de notre plan initial, a expliqué Harnois. C’est pour ça qu’elle a encore la rage de gagner. Elle sait que de perdre son prochain combat la ferait reculer de son objectif principal.»

Au-delà de Tejada, qui est une dangereuse cogneuse, on entrevoit un combat d’unification avec la championne WBA Hannah Gabriels avant la fin de l’année 2019. Ultimement, on rêve d’affronter éventuellement la Norvégienne Cecilia Braekhus chez les 147 lb. Autant de combats qui pourraient être présentés, un jour, au Centre Vidéotron et à la télévision payante. Pour en arriver là, Dicaire doit cependant non seulement gagner contre Tejada, mais dominer le combat. C’est le préparateur mental qui le dit!

En plus du combat principal entre Dicaire et Tejada, Shakeel Phinn, Wilfried Seyi, Terry Osias et Abed El-Safadi seront notamment en action lors du gala du 23 mars, dès midi, au Casino de Montréal.

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